{"id":3605,"date":"2024-09-05T09:47:55","date_gmt":"2024-09-05T07:47:55","guid":{"rendered":"https:\/\/ussacyclo.fr\/?p=3605"},"modified":"2024-09-05T10:39:04","modified_gmt":"2024-09-05T08:39:04","slug":"juin-2024-olivier-etape-du-tour","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ussacyclo.fr\/?p=3605","title":{"rendered":"Samedi 6 Juillet 2024 &#8211; Olivier : L&rsquo;\u00e9tape du tour Nice \u2013 Col de la Couillole (138 km)"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><a href=\"https:\/\/ussacyclo.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"808\" height=\"506\" src=\"https:\/\/ussacyclo.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3611\" srcset=\"https:\/\/ussacyclo.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image.png 808w, https:\/\/ussacyclo.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-300x188.png 300w, https:\/\/ussacyclo.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-768x481.png 768w, https:\/\/ussacyclo.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-575x360.png 575w\" sizes=\"auto, (max-width: 808px) 100vw, 808px\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><br><br>Apr\u00e8s une ann\u00e9e off, pour cause de maladie pr\u00e9c\u00e9dant le d\u00e9part de la course 2023, me revoici d\u2019attaque pour ma 5\u00e8me participation \u00e0 l\u2019\u00e9tape du Tour : Nice \u2013 Col de la Couillole ! Quel dr\u00f4le de nom pour une arriv\u00e9e mais la vue du parcours semble beaucoup moins rigolote\u2026 4600m de d\u00e9nivel\u00e9 positif r\u00e9duit \u00e0 138 km seulement, autant dire qu\u2019il n\u2019y aura pas que des c\u00f4telettes \u00e0 d\u00e9guster. 4 cols dont 3 en 1\u00e8re cat\u00e9gorie et aucune vall\u00e9e, except\u00e9s les 10 premiers km de l\u2019\u00e9tape en sortie de Nice.<br>Je semble bien pr\u00e9par\u00e9 : une semaine d\u2019avril dans les Vosges du Sud avec l\u2019ascension du Ballon d\u2019Alsace dans le vent et la grisaille et la fameuse Planche des Belles Filles sous la pluie, la gr\u00eale et la neige par 2\u00b0C au sommet. \u00c7a forge le caract\u00e8re, m\u00eame si je n\u2019ai pas fait la descente du coup (une voiture blanche est miraculeusement venue me chercher avec la plus belle des Belles Filles).<br>Mais surtout, le week-end choc Ouest Essonne Athl\u00e9tisme \u00e0 Samo\u00ebns d\u00e9but mai avec les cols de Joux Plane (2 faces), de l\u2019Encrenaz, de la Ramaz sur 3 jours : un bon entrainement pour mes petits muscles en manque d\u2019effort en mont\u00e9e.<br>Suite de la pr\u00e9paration avec les mythiques pentes de la Vall\u00e9e de Chevreuse en participant \u00e0 quelques<br>randonn\u00e9es pour d\u00e9passer les 100km de sortie. Pas de douleur, un bon poids de forme (moins de 100 kg) : tout s\u2019annonce pour le mieux.<br>Et le 9 juin (moins d\u20191 mois avant le d\u00e9part), le drame ! \u00ab J\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de dissoudre l\u2019Assembl\u00e9e Nationale \u00bb<br>annonce un individu en costume \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision. Vous me direz : \u00ab Mais quel rapport ? \u00bb Et vous aurez raison !<br>Mais 2 jours apr\u00e8s, le maire de Nice d\u00e9cide de d\u00e9caler l\u2019Etape du Tour au samedi 6 juillet (pour laisser les gens circuler librement le dimanche pour aller voter, raison invoqu\u00e9e). Probl\u00e8mes : 1) Je finis l\u2019\u00e9cole le vendredi, et le trajet jusqu\u2019\u00e0 Nice dure environ 10 heures, 2) Le logement pr\u00e8s de Nice (\u00e0 Coursegoules, 30 km dans l\u2019arri\u00e8re-pays Ni\u00e7ois) n\u2019est pr\u00e9vu que le samedi soir, 3) Il me faut des accompagnateurs pour la logistique (me d\u00e9poser \u00e0 Nice le matin et me r\u00e9cup\u00e9rer \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e le soir). La petite annonce du 9 juin d\u00e9clenche donc un tas de probl\u00e9matiques \u00e0 r\u00e9soudre pour ne pas d\u00e9clarer forfait une seconde ann\u00e9e cons\u00e9cutive. En urgence, nous trouvons un appartement \u00e0 Nice pour le vendredi soir (pas \u00e9vident \u00e0 4 semaines des vacances) o\u00f9 mes parents pourront \u00e9galement loger. Nous r\u00e9servons un TGV Paris\/Nice pour C\u00e9line et Tima\u00e9 (qui ne pourront pas faire la route avec moi le vendredi) : il restait 4 places dans le dernier TGV de fin de soir\u00e9e. Et nous prions les dieux de l\u2019Education Nationale pour que je puisse b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un d\u00e9part anticip\u00e9 le vendredi. La chance est avec nous !!<br>Pour une fois, je peux remercier l\u2019inspecteur de Dourdan qui souscrit \u00e0 ma demande et le logement r\u00e9serv\u00e9 pour la semaine \u00e0 Coursegoules est finalement vacant le vendredi (nous pourrons y loger). Ouf de soulagement \u00e0 3 semaines du d\u00e9part !<br>Tout est r\u00e9gl\u00e9 : l\u2019aventure peut commencer !<br>Veille du d\u00e9part &#8211; Vendredi 5 juillet \u2013 Apr\u00e8s une nuit tr\u00e8s courte et mouvement\u00e9e, le r\u00e9veil sonne \u00e0 3 heures du matin. Mes affaires ont \u00e9t\u00e9 charg\u00e9es la veille, je pars au milieu de la nuit vers la C\u00f4te d\u2019Azur, seul, abandonn\u00e9 de tous, mais avec une pens\u00e9e pour C\u00e9line, Tima\u00e9 et Thi\u00e9faine qui sont plong\u00e9s dans de beaux r\u00eaves, mes \u00e9l\u00e8ves et mes coll\u00e8gues qui ont encore une journ\u00e9e \u00e0 supporter, mes parents sur la route, le monde entier qui dort, \u2026Personne sur l\u2019A6 jusqu\u2019\u00e0 Lyon, o\u00f9 les autochtones commencent \u00e0 se r\u00e9veiller et viennent empi\u00e9ter sur mon parcours. Une petite pause vers Macon pour rouvrir un peu les yeux et grignoter une viennoiserie ; toutes les 4 heures, la pause s\u2019impose il parait. Le trafic reste fluide sur l\u2019A7 puis j\u2019entame l\u2019autoroute qui longe la M\u00e9diterran\u00e9e. J\u2019effectue une derni\u00e8re pause pour d\u00e9guster un excellent sandwich pr\u00e9par\u00e9 amoureusement la veille et pour remplir le r\u00e9servoir d\u2019essence (chacun son \u00e9nergie), puis je subis le seul embouteillage du parcours \u00e0 la sortie du p\u00e9age d\u2019Antibes ; dommage, il reste \u00e0 peine 15 km. Je re\u00e7ois un bref coup de fil d\u2019Olivier qui sait que j\u2019empi\u00e8te sur son domaine de vill\u00e9giature de St Rapha\u00ebl puis je raccroche pour p\u00e9n\u00e9trer dans l\u2019agglom\u00e9ration de Nice.<br>Le village d\u00e9part se trouve place Mass\u00e9na, je m\u2019inqui\u00e8te pour y acc\u00e9der et trouver une place de stationnement mais je r\u00e9ussis \u00e0 me garer (avec un cr\u00e9neau r\u00e9ussi du premier coup malgr\u00e9 ce long trajet, tel un pilote d\u2019endurance chevronn\u00e9) \u00e0 4 rues du centre-ville pour une modique somme de 2,40\u20ac les 3 heures ! Je longe le boulevard des Anglais sans leur parler puis j\u2019entre dans le village d\u00e9part situ\u00e9 dans le jardin Albert 1er (un prince du coin) qui entoure la c\u00e9l\u00e8bre place Mass\u00e9na. Fid\u00e8le aux traditions, je consulte le point d\u2019information et le plan pour m\u2019apercevoir que la remise des dossards est au d\u00e9but et la remise du lot est \u00e0 la fin du parc. Je commence donc par r\u00e9cup\u00e9rer ma pochette dossard n\u00b0 9698 et mon bidon souvenir collector. Puis j\u2019entame la travers\u00e9e des stands multicolores et vari\u00e9s faisant la promotion de produits plus ou moins en rapport avec le v\u00e9lo : des gels et des barres (peut-\u00eatre dopants, je n\u2019ai pas bien regard\u00e9), des savons, des v\u00e9los (quand m\u00eame), des Karcher (pour nettoyer son v\u00e9lo), des boissons isotoniques ou sucr\u00e9es en poudre ou liquides, des casques, des lunettes, des cuissards, des maillots, des vestes, des chaussettes et chaussures, (peut-\u00eatre des cale\u00e7ons, je n\u2019ai pas bien regard\u00e9), des montres, des compteurs, des accessoires pour \u00e9quiper les v\u00e9los, la presse r\u00e9gionale (France Bleu C\u00f4te d\u2019Azur, Nice Matin), le stand du Tour de France et de la FFC\u2026 bref, des stands multicolores et vari\u00e9s (comme annonc\u00e9 plus haut). Je m\u2019arr\u00eate bri\u00e8vement \u00e0 certains stands pour observer le mat\u00e9riel, les v\u00eatements, les v\u00e9los mais j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 tout ce qu\u2019il me faut ; je rep\u00e8re mon nom sur le long mur des inscrits (parmi<br>les 15000 inscrits) ; je prends une photo avec le c\u00e9l\u00e8bre diable allemand, je regarde des fous faire du looping sur un v\u00e9lo, j\u2019observe les anciens v\u00e9los d\u2019\u00e9poque de champions (Indurain, Voeckler, Merckx) puis j\u2019arrive enfin \u00e9puis\u00e9 par cette longue travers\u00e9e, au stand de remise du lot. Je re\u00e7ois un grand sac noir costaud avec un gel, une barre et une pochette \u00e0 accrocher sur le v\u00e9lo. Fort de cette dotation, je repars \u00e0 l\u2019inverse, je retraverse tous les stands (je vous passe les d\u00e9tails), r\u00e9cup\u00e8re une casquette \u00e0 pois Carrefour (elle me servira dans les cols pour montrer qui est le boss) ; je suis intercept\u00e9 par une personne du stand des Alpes Maritimes qui me vante les produits \u00e9co responsables qui sont vendus \u00e0 l\u2019office de tourisme et je finis par trouver la sortie de ce d\u00e9dale publicitaire. Je re\u00e7ois un SMS de mes parents qui sont arriv\u00e9s tant bien que mal \u00e0 la location, je rejoins ma voiture et je pars direction Coursegoules, mon pr\u00e9cieux s\u00e9same en poche. La route vers Coursegoules n\u2019est effectivement pas si simple, il faut passer de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du col de Vence ce qui me fait un entrainement motoris\u00e9 de ce qui m\u2019attendra le lendemain : 9 km \u00e0 7% environ, sur une route \u00e9troite form\u00e9e de multiples lacets et relances. M\u00eame la voiture peine, elle manque d\u2019entrainement. Coursegoules est un charmant village dans l\u2019arri\u00e8re-pays ni\u00e7ois, \u00e0 flanc de montagne, \u00e0 1096m d\u2019altitude environ ; la maison tr\u00e8s bien \u00e9quip\u00e9e s\u2019\u00e9tage en multiples terrasses reli\u00e9es par de nombreux escaliers, ce qui explique la remarque de ma m\u00e8re concernant l\u2019acc\u00e8s. La vue est splendide sur la for\u00eat et le col de Vence.<br>La soir\u00e9e se passe sans encombre avec d\u00e9barquement de la voiture, installation des valises de chacun,<br>d\u00e9gustation d\u2019un plat de p\u00e2tes garni de poulet (pas d\u2019ap\u00e9ritif pour pouvoir rouler droit). L\u2019\u00e9quipe de France tente p\u00e9niblement de marquer un but tandis que je projette de prendre une douche. En tenue ad\u00e9quate (sans rien donc), j\u2019ouvre le robinet et l\u00e0\u2026 pas d\u2019eau chaude !!! Apr\u00e8s de multiples essais infructueux malgr\u00e9 le d\u00e9clenchement du disjoncteur pr\u00e9vu \u00e0 cet effet, je contacte les propri\u00e9taires qui me rappellent et m\u2019informent que le chauffe-eau n\u2019a pas d\u00fb \u00eatre remis en marche. Suite \u00e0 cette information utile, ils m\u2019indiquent comment le mettre en marche forc\u00e9e, mais le d\u00e9lai avant d\u2019avoir l\u2019eau chaude risque d\u2019\u00eatre un peu long. Tant pis pour la douche\u2026 Je finis ma journ\u00e9e par une pr\u00e9paration minutieuse du v\u00e9lo et de mon \u00e9quipement. Le dossard est accroch\u00e9 \u00e0 mon maillot \u00e0 l\u2019endroit (pas si facile car le num\u00e9ro 9698 est \u00e9tonnamment r\u00e9versible !), la plaque de cadre est fix\u00e9e au cintre du guidon (comme son nom ne l\u2019indique pas). Je pr\u00e9vois un sac rempli de la tonne de gels et de barres n\u00e9cessaires, des manchettes et une veste l\u00e9g\u00e8re contre le froid \u00e9ventuel au d\u00e9part et aux sommets, mes chaussures, mon casque, mes lunettes, de la cr\u00e8me solaire, mes bidons d\u2019eau aromatis\u00e9e aux sels min\u00e9raux, ma pochette avec chambres \u00e0 air et kit de r\u00e9paration. Je v\u00e9rifie mes pneus, mes freins, le passage des vitesses.<br>Tout est pr\u00eat, le r\u00e9veil est programm\u00e9 \u00e0 5 heures, l\u2019eau est encore trop ti\u00e8de, je m\u2019allonge en esp\u00e9rant trouver un petit peu de sommeil.<br><strong>Jour du d\u00e9part<\/strong> &#8211; Samedi 6 juillet \u2013 Comme pr\u00e9vu, la nuit n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 de tout repos, mais je suis habitu\u00e9 ; j\u2019en ai profit\u00e9 pour noter quelques souvenirs sur le r\u00e9cit de ce jour pass\u00e9, r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 ma strat\u00e9gie pour remporter la course (en crevant tous les pneus de mes adversaires au d\u00e9part par exemple), envoyer des nutriments dans mes jambes muscl\u00e9es, \u2026 Une nuit bien remplie. Je d\u00e9guste un petit d\u00e9jeuner copieux de c\u00e9r\u00e9ales et brioches, jus de fruits et lait chocolat\u00e9 et enfile mes v\u00eatements de comp\u00e9tition. Je charge mon v\u00e9lo et mon sac d\u2019affaires dans la voiture apr\u00e8s avoir v\u00e9rifi\u00e9 au moins 20 fois son contenu. Maman est r\u00e9veill\u00e9e, elle s\u2019installe pour m\u2019accompagner pr\u00e8s de Nice et remonter la voiture \u00e0 la location. 6h, le planning est respect\u00e9 : je d\u00e9marre le contact et c\u2019est part\u2026 \u00ab Tu mets pas ton portable pour le chemin ? \u00bb, me demande ma m\u00e8re. \u00ab Non je connais\u2026 Mince mon portable !!!!!!!!!!!!!!!! \u00bb. Je remonte les escaliers pour r\u00e9cup\u00e9rer mon appareil qui s\u2019\u00e9tait assoupi sur la table de la cuisine et, cette fois, c\u2019est parti pour la descente du col. Un petit renard nous regarde passer s\u2019interrogeant sur la pr\u00e9sence incongrue de touristes \u00e0 cette heure puis le trajet se d\u00e9roule sans encombre.<br>Nous arrivons le long de la promenade des Anglais envahie de cyclistes matinaux, a priori pas tous anglais, qui se dirigent en un flot ininterrompu vers le centre-ville. Nous nous garons \u00e0 proximit\u00e9 de l\u2019a\u00e9roport, non pas pour prendre l\u2019avion mais pour me d\u00e9poser \u00e0 environ 5 km du d\u00e9part (les Anglais font de longues promenades). Je sors mon v\u00e9lo (important tout de m\u00eame), enfile mes chaussures ; j\u2019enl\u00e8ve un sous-maillot et mon col car la temp\u00e9rature est d\u00e9j\u00e0 \u00e9lev\u00e9e, proche de 25\u00b0C alors qu\u2019il est \u00e0 peine 7h ! Et ce sont les adieux, je pars solitaire sans me retourner (sauf pour faire coucou de la main), abandonn\u00e9 au milieu de v\u00e9locip\u00e8des internationaux en exode ; je prends leur sillage, bien \u00e0 l\u2019abri pour ne pas entamer mes r\u00e9serves. La mer est belle, la vue est splendide, il fait bon, toutes les conditions sont id\u00e9ales pour une bonne journ\u00e9e de farniente\u2026<br>Mon d\u00e9part est \u00e0 8h07 et 30 secondes, j\u2019ai une heure \u00e0 patienter. Je rep\u00e8re l\u2019entr\u00e9e du sas 9 (le mien,<br>forc\u00e9ment), j\u2019admire le paysage du lever de soleil sur la mer M\u00e9diterran\u00e9e puis je p\u00e9n\u00e8tre au milieu des<br>barri\u00e8res d\u00e9limitant la cage des num\u00e9ros 9000. Les premiers concurrents aux dossards moins \u00e9lev\u00e9s sont d\u00e9j\u00e0 partis : toutes les 7 minutes 30 secondes, un sas entier se met en branle, je suis aux premi\u00e8res loges pour les voir passer du c\u00f4t\u00e9 gauche du boulevard (le sas n\u00b09 \u00e9tant situ\u00e9 en premier sur le c\u00f4t\u00e9 droit du boulevard), en les pr\u00e9venant que je vais bient\u00f4t tous les doubler. J\u2019envoie quelques messages \u00e0 mes supporters lointains en attendant le d\u00e9compte final : 20 minutes, 10 minutes, 5 minutes, 3 minutes, 2 minutes, puis j\u2019arr\u00eate pour me concentrer sur le d\u00e9part imminent.<br>\u00c7a y est, \u00e7a roule, mon sas s\u2019\u00e9broue, les p\u00e9dales s\u2019enclenchent, les roues tournent ; nous traversons des<br>bandelettes jaunes et noires annon\u00e7ant l\u2019entr\u00e9e du sas 0. Il est entour\u00e9 de messages et de photos dont je n\u2019ai aucun souvenir (la course d\u00e9marre, mon cerveau est focalis\u00e9 sur son objectif !). Nous passons la ligne du d\u00e9part fictif, il y a 5 km de d\u00e9fil\u00e9 pour sortir de la ville de Nice. Finalement une foule compacte est venue m\u2019encourager, ou peut-\u00eatre sont-ce les familles des autres concurrents puisque personne ne scande mon pr\u00e9nom ? Les encouragements fusent, le peloton acc\u00e9l\u00e8re tranquillement ; certains s\u2019arr\u00eatent aux pieds d\u2019un arbre s\u00fbrement pour admirer la flore locale. Les gendarmes contr\u00f4lent chaque carrefour, nous sommes les vedettes du jour ! Quasiment \u00e0 la sortie de Nice, une excroissance au sol fait sursauter nos v\u00e9los, les puces se d\u00e9clenchent instantan\u00e9ment (celles du dossard, pas des petites b\u00eates qui se seraient incrust\u00e9es subrepticement), un grand panneau noir et blanc semble nous indiquer que c\u2019est le d\u00e9part r\u00e9el de l\u2019\u00e9tape (je suis encore lucide). C\u2019est parti pour de bon !<br>Nous sortons de l\u2019agglom\u00e9ration via un pont qui surplombe l\u2019autoroute puis nous nous engageons sur une 4 voies avec la montagne en visu. Ce sont les seuls kilom\u00e8tres de plat de l\u2019\u00e9tape, il faut en profiter. Un concurrent en profite pour crever, bien fait ! Je m\u2019abrite d\u2019abord derri\u00e8re un adversaire qui roule raisonnablement puis derri\u00e8re des pelotons plus ou moins v\u00e9loces qui se forment au gr\u00e9 des acc\u00e9l\u00e9rations d\u2019autres pelotons qui doublent. Je me prot\u00e8ge du vent, \u00e9conomise mes coups de p\u00e9dale. D\u00e8s la zone urbaine achev\u00e9e, la route commence \u00e0 s\u2019\u00e9lever par un faux plat progressif, le col de Nice non r\u00e9pertori\u00e9 sur la carte, 5 km de mont\u00e9e tout de m\u00eame. Je suis un cycliste qui a bonne allure et qui ne perd pas son temps \u00e0 regarder le paysage, mais au bout de quelques centaines de m\u00e8tres, il ralentit et s\u2019arr\u00eate pour \u00ab satisfaire un besoin naturel \u00bb. Je continue sur ma lanc\u00e9e mais la pente s\u2019accentue, il va d\u00e9j\u00e0 falloir trouver un rythme ad\u00e9quat pour ne pas s\u2019\u00e9puiser. Et les difficult\u00e9s n\u2019ont officiellement pas commenc\u00e9. Nous traversons une all\u00e9e de platanes rectiligne, il n\u2019y a plus de peloton, chacun trouvant le braquet qui lui convient. Au bout de ces quelques kilom\u00e8tres pr\u00e9liminaires, je franchis le col de Nice \u00e0 l\u2019Escar\u00e8ne au km 19,4 &#8211; altitude 374m (pour rappel, nous sommes partis de la mer, donc altitude 0m ; pour un d\u00e9part sans difficult\u00e9, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 pas mal\u2026), j\u2019en profite pour absorber un gel au citron, je bois une rasade d\u2019eau pas fraiche et une l\u00e9g\u00e8re descente r\u00e9cup\u00e9ratrice m\u2019emporte vers la premi\u00e8re r\u00e9elle difficult\u00e9 du parcours.<br>Km 20,6 \u2013 Col de Braus &#8211; 2\u00e8me cat\u00e9gorie (1002m \u2013 10km \u00e0 6,6% de moyenne)<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><a href=\"https:\/\/ussacyclo.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-2.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"369\" height=\"407\" src=\"https:\/\/ussacyclo.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-2.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3614\" srcset=\"https:\/\/ussacyclo.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-2.png 369w, https:\/\/ussacyclo.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-2-272x300.png 272w, https:\/\/ussacyclo.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-2-326x360.png 326w\" sizes=\"auto, (max-width: 369px) 100vw, 369px\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><br>Nous passons une petite rivi\u00e8re et c\u2019est le d\u00e9part du col \u00e0 Tou\u00eat-de-l\u2019Escar\u00e8ne par une route sinueuse qui sort abruptement du village. La pente doit avoisiner les 15 % et je me dresse pour la premi\u00e8re fois (pas la derni\u00e8re) sur mes p\u00e9dales pour simuler une attaque en danseuse (c\u2019est une position de v\u00e9lo, je n\u2019avais pas pr\u00e9vu de tutu). Mais cela fait mouche et je me rassois assez rapidement pour ne pas impressionner mes adversaires qui s\u2019en contrefichent totalement. D\u00e8s les premi\u00e8res maisons d\u00e9pass\u00e9es, la vue est \u00e9poustouflante : la route forme des lacets r\u00e9guliers \u00e0 flanc de montagne et la file de v\u00e9los d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sente s\u2019\u00e9tire en une procession r\u00e9guli\u00e8re et lancinante. Je rejoins cette transhumance et entame les premiers lacets en conservant un rythme r\u00e9gulier qui s\u2019av\u00e8re \u00eatre l\u00e9g\u00e8rement plus rapide que mes concurrents proches mais qui n\u2019entame pas mon excellente condition physique : le chemin est encore long ! Je me d\u00e9porte r\u00e9guli\u00e8rement pour admirer la vue en contrebas vers la ville de Nice et pour narguer tous les concurrents qui me suivent. Les virages en \u00e9pingle me permettent de b\u00e9n\u00e9ficier de quelques zones de replat pour relancer d\u2019un coup de p\u00e9dale alerte dans la ligne droite suivante. La chaleur monte, mais je ne transpire pas trop encore, je g\u00e8re cette premi\u00e8re mont\u00e9e tel un Pogacar \u00e0 l\u2019affut.<br>Au d\u00e9tour d\u2019un dernier virage, au milieu de la for\u00eat, la ligne du col se profile, mais la zone est encombr\u00e9e d\u2019une nu\u00e9e de cyclistes attroup\u00e9s devant les tables du premier ravitaillement. Je tente tant bien que mal de me faufiler au milieu de ces \u00e9nergum\u00e8nes qui ne se poussent m\u00eame pas pour me laisser passer. Je contourne les tentes des b\u00e9n\u00e9voles qui servent la meute assoiff\u00e9e ; je pose mon v\u00e9lo contre une poubelle, saisit une banane que je d\u00e9nude aussit\u00f4t, remplit un bidon que j\u2019ai bien entam\u00e9 dans la mont\u00e9e. J\u2019en profite pour faire une petite halte derri\u00e8re ladite poubelle dans une pissoti\u00e8re install\u00e9e de mani\u00e8re inopin\u00e9e mais bien utile au vu de sa fr\u00e9quentation. Je retrouve mon v\u00e9lo, l\u2019enfourche en tentant de rejoindre la route sans cogner une jambe, une roue ou un guidon, je remonte mes manches d\u2019un subtil coup de poignet et je repars en direction de la descente oppos\u00e9e (heureusement, je ne me suis pas tromp\u00e9 de sens !). <strong>Temps d\u2019ascension : 48\u201916\u2019\u2019 \u2013 12,5 km\/h (5166e\/10399)<\/strong><br>La descente est plut\u00f4t courte, rapide, sans difficult\u00e9 ; tous les concurrents sont tr\u00e8s prudents, chacun freine en avance, prend les virages sans risque et ne double que dans des trajectoires assur\u00e9es. 27 minutes 50 secondes de r\u00e9cup\u00e9ration bienvenue, j\u2019en profite pour boire, tout en actionnant habilement mes freins. Mais cet interm\u00e8de parait bien court quand apparait alors la 2\u00e8me difficult\u00e9 du parcours.<br>Km 45 \u2013 Col de Turini \u2013 1\u00e8re cat\u00e9gorie (1607m \u2013 20,7km \u00e0 5,7% de moyenne)<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><a href=\"https:\/\/ussacyclo.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-3.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"497\" height=\"412\" src=\"https:\/\/ussacyclo.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-3.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3616\" srcset=\"https:\/\/ussacyclo.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-3.png 497w, https:\/\/ussacyclo.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-3-300x249.png 300w, https:\/\/ussacyclo.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-3-434x360.png 434w\" sizes=\"auto, (max-width: 497px) 100vw, 497px\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><br>Le col de Turini s\u2019annonce comme le plus long de l\u2019\u00e9tape, il va falloir g\u00e9rer sans entamer les r\u00e9serves car au sommet, je ne serai pas encore \u00e0 la moiti\u00e9 du parcours ! A la sortie de Sospel (o\u00f9 je me retiens de chanter \u00ab Oh happy days \u00bb), la route s\u2019engage rapidement dans les magnifiques gorges du Piaon, le peloton entre en silence dans ce sanctuaire de beaut\u00e9. Les cliquetis des d\u00e9railleurs et des rayons viennent troubler ce calme paisible. La route longe la rivi\u00e8re, nous sommes entour\u00e9s de magnifiques falaises. Mais le ciel s\u2019assombrit, des nuages mena\u00e7ants s\u2019amonc\u00e8lent au-dessus de nos casques. Est-ce la 1\u00e8re fois que je vais affronter la pluie sur une \u00e9tape du Tour ? Je m\u2019interroge, m\u2019affole\u2026 Va-t-il pleuvoir ? Heureusement, nous sommes en mont\u00e9e, ce ne serait pas dangereux pour l\u2019instant. Mais si je passe le col sous des trombes d\u2019eau, qu\u2019en sera-t-il de mon avenir ? Sur ces sombres pens\u00e9es, les nuages laissent s\u2019\u00e9chapper les premi\u00e8res gouttes de pluie ! Le peloton redevient bavard : \u00ab Il pleut, c\u2019\u00e9tait pas pr\u00e9vu\u2026 Si, j\u2019avais vu une annonce d\u2019averse ce matin \u2026 \u00bb La pluie reste l\u00e9g\u00e8re ; finalement, elle vient refroidir mon corps qui fonce toujours dans l\u2019ascension. Les pentes restent raisonnables sur cette premi\u00e8re partie de col, on avoisine les 5% de moyenne. Je me sens \u00e0 l\u2019aise, je continue sur mon rythme de croisi\u00e8re, rafraichi par cette douche bienfaisante. Au d\u00e9tour d\u2019un virage, la pente s\u2019accentue l\u00e9g\u00e8rement, le paysage s\u2019ouvre devant nous laissant apparaitre la fin de la 1\u00e8re partie du col, la pluie cesse alors.<br>Il n\u2019y aura pas de temp\u00eate, d\u2019orage, de cataclysme\u2026 Au contraire, la temp\u00e9rature est id\u00e9ale, je d\u00e9passe le faux col et entre dans le village de Moulinet. Nous sommes au kilom\u00e8tre 53, le 2\u00e8me ravitaillement est annonc\u00e9. Il est au milieu de l\u2019ascension, j\u2019h\u00e9site entre continuer pour battre le record de vitesse sur la mont\u00e9e ou m\u2019arr\u00eater pour remplir ma gourde et mon estomac. Apr\u00e8s une h\u00e9sitation de 3 milli\u00e8mes de seconde, je d\u00e9cide de faire une halte (tant pis pour le record). Il y a foule, je contourne la place typique du village en graviers \u00e0 l\u2019ombre de platanes majestueux qui doivent d\u2019habitude abriter quelques parties de p\u00e9tanque endiabl\u00e9es. Aujourd\u2019hui, les sportifs sont en v\u00e9lo, le cochonnet attendra. Je descends quelques marches (\u00e0 pied) pour rejoindre l\u2019esplanade et pose mon v\u00e9lo contre un platane assez costaud. Je me dirige vers les tables de ravitaillement o\u00f9 de sympathiques b\u00e9n\u00e9voles me pr\u00e9sentent des fruits secs, des bananes, des biscuits ap\u00e9ritifs\u2026 Je remplis mes bidons d\u2019eau et de sirop pour avoir un peu de sucre, j\u2019enfourne des bananes et des chips, je prends une barre de c\u00e9r\u00e9ales et place un gel dans ma poche arri\u00e8re. La place est ombrag\u00e9e, je ferai bien une plus longue pause, mais le devoir m\u2019appelle. J\u2019envoie un SMS rassurant (Tout est OK) \u00e0 C\u00e9line et \u00e0 mes parents, je r\u00e9cup\u00e8re mon v\u00e9lo qui n\u2019a pas boug\u00e9 d\u2019un pneu, je remonte les quelques marches (\u00e0 pied) qui me s\u00e9parent de la reprise du parcours. Il reste plus de la moiti\u00e9 du col et les pentes y seront plus raides. Je sors du village, ragaillardi par ce repas gargantuesque et je repars sur mon rythme de croisi\u00e8re, le moral est bon, la route m\u2019ouvre son asphalte.<br>Apr\u00e8s un replat de 2-3 kilom\u00e8tres, la pente d\u00e9passe les 6%, les 7% puis les 8% de moyenne. Nous sortons de la for\u00eat, le soleil est r\u00e9apparu, je me faufile \u00e0 gauche des concurrents moins rapides. Certains me d\u00e9passent eux aussi par la gauche. J\u2019observe les dossards de chacun pour me situer dans la course : les dossards plus \u00e9lev\u00e9s sont partis apr\u00e8s moi, et inversement. Un groupe de cyclistes verts, sponsoris\u00e9s par Europcar, me double, je les suis un instant ; mais il vaut mieux garder son rythme, je les laisse filer. Au d\u00e9tour d\u2019un lacet, je les redouble, un des leurs accuse un peu le coup, leur coach d\u00e9cide de ralentir l\u2019allure\u2026 Je les reverrai plusieurs fois pendant l\u2019ascension. Cependant, mon v\u00e9lo commence lui aussi \u00e0 fatiguer, la derni\u00e8re vitesse accroche un peu, ma chaine frotte et un bruit r\u00e9gulier le long de ma roue accompagne ma progression. Quand je me dresse en danseuse, ma p\u00e9dale craque un peu. Ces bruits inqui\u00e9tants mobilisent un peu mon \u00e9nergie, un cycliste avis\u00e9 me dit que mon d\u00e9railleur touche mes rayons ; j\u2019essaie d\u2019observer ce qui frotte en maintenant mon cap et mon allure. Je ne vois rien de sp\u00e9cial, mon d\u00e9railleur ne touche pas en tout cas. Tel un expert du d\u00e9pannage, je d\u00e9cide donc de \u2026 bah continuer sans rien faire. Les kilom\u00e8tres s\u2019enchainent, je zigzague entre mes compagnons de route. Au dernier kilom\u00e8tre, la pente faiblit un peu (comme moi) et je suis bien content de voir enfin le sommet. Il n\u2019y a<br>pas de ravitaillement au col, je n\u2019envoie pas de SMS (il n\u2019aurait peut-\u00eatre pas le m\u00eame contenu), je m\u2019arr\u00eate quelques minutes pour boire et prendre mon gel gluant (vraiment g\u00e9latineux, il n\u2019y a pas tromperie sur son patronyme), je rel\u00e8ve mes manchettes (il ne fait pas si froid que cela) et j\u2019entame la descente vers la vall\u00e9e suivante. <strong>Temps d\u2019ascension : 1h41\u201958\u2019\u2019 \u2013 12,12 km\/h (4808e\/10427)<\/strong><br>La descente est rapide, technique, sinueuse. Il faut \u00eatre attentif car la pente est abrupte et nous fait rapidement prendre de la vitesse. Les freins crissent ou couinent selon leur caract\u00e8re \u00e0 l\u2019approche des virages. Je serre bien mon guidon, les doigts scotch\u00e9s aux manettes de frein et le regard riv\u00e9 sur le point de corde. J\u2019\u00e9vite quelques trous pi\u00e9geurs, je maitrise ma monture tout en me laissant porter par le vent frais qui cingle mon visage. A l\u2019entr\u00e9e d\u2019un virage, un cycliste est \u00e0 terre, une couverture de survie sur le dos. Cela ne ralentit pas notre progression mais nous rappelle \u00e0 la prudence. Et au bout de 5 ou 6 kilom\u00e8tres de descente effr\u00e9n\u00e9e, \u00e0 la suite d\u2019une chicane juste avant l\u2019entr\u00e9e d\u2019un tunnel, une cinquantaine de cyclistes sont arr\u00eat\u00e9s par la gendarmerie. Route stopp\u00e9e, \u00e9tape neutralis\u00e9e. Sur le c\u00f4t\u00e9 gauche, un l\u00e9ger parapet avec le ravin abrupt ; sur le c\u00f4t\u00e9 droit la montagne \u00e0 fleur de rocher. Il a d\u00fb y avoir un incident, peu de temps avant mon arriv\u00e9e, car je vois le gendarme qui bloque la route, seulement s\u00e9par\u00e9 de quelques rang\u00e9es de concurrents. Les minutes s\u2019\u00e9gr\u00e8nent doucement, les cyclistes arrivent par grappes derri\u00e8re moi, la file s\u2019agrandit et provoque un embouteillage de plus en plus imposant. L\u2019attente devient longue, stressante, peut-\u00eatre une dizaine de minutes, je n\u2019ai pas regard\u00e9 (ni arr\u00eat\u00e9) mon chrono. Un coup de sifflet retentit, le peloton s\u2019\u00e9broue et repart en se laissant glisser tranquillement. A<br>mon passage, le gendarme avertit : \u00ab Allez-y doucement, y en a d\u00e9j\u00e0 2 dans le ravin ! \u00bb. La presse r\u00e9gionale informera le soir m\u00eame qu\u2019environ 80 chutes ont eu lieu dans cette descente dont 2 cyclistes \u00e9vacu\u00e9s par h\u00e9licopt\u00e8re\u2026<br>Le groupe continue son trajet, doucement au d\u00e9but puis la pente ne laisse pas le loisir de trainer, il faut<br>reprendre les manettes, tenir son guidon, se reconcentrer pour ne pas profiter des buissons \u00e9pineux en<br>contrebas. Je d\u00e9tends mes doigts, mon cou, mon dos tant bien que mal entre 2 \u00e9pingles, tente de soulager mes jambes crisp\u00e9es ; c\u2019est long mais moins fatigant qu\u2019une mont\u00e9e et la vue est splendide ! Nous traversons \u00e0 toute vitesse le petit village perch\u00e9 de Boll\u00e8ne-V\u00e9subie, je ne m\u2019arr\u00eate pas pour prendre un caf\u00e9 (de toute fa\u00e7on, je n\u2019en bois pas) ni une bi\u00e8re (de toute fa\u00e7on, je n\u2019en bois pas \u2026 souvent) ni un diabolo menthe (ah bah pourquoi pas ? Non, je pr\u00e9serve mes freins) puis nous virons de bord pour remonter la rivi\u00e8re. La vall\u00e9e de la V\u00e9subie est d\u00e9vast\u00e9e, les stigmates des derni\u00e8res inondations (\u00e0 peine 1 mois auparavant) sont bien visibles : le torrent a entass\u00e9 des montagnes de rochers sur les 2 rives, les pelleteuses sont gar\u00e9es dans le lit de la rivi\u00e8re, la route surplombe un foss\u00e9 de cailloux qui laisse imaginer la force du courant. La reprise du p\u00e9dalage est compliqu\u00e9e, les muscles sont endoloris par cette longue descente. Heureusement, nous atteignons Roquebilli\u00e8re o\u00f9 nous attend le 3\u00e8me ravitaillement (km 82). Les tables sont dispos\u00e9es sur un parking caillouteux, les cyclistes s\u2019y bousculent, je pose mon v\u00e9lo contre un petit muret entre 2 poubelles surcharg\u00e9es et me faufile pour remplir mes bidons, absorber les habituels fruits secs et biscuits sal\u00e9s. Je r\u00e9cup\u00e8re 2 gels qui me serviront certainement, il reste quasiment la moiti\u00e9 du d\u00e9nivel\u00e9 \u00e0 subir. La fatigue est pr\u00e9sente, mais ce bref arr\u00eat me permet de me soulager et reprendre un peu de vitalit\u00e9. J\u2019enfourche ma selle ador\u00e9e, regrette son manque de rembourrage et je repars en direction du col suivant.<br>Km 92 \u2013 Col de la Colmiane (1500m \u2013 7,5 km \u00e0 7,1% de moyenne)<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><a href=\"https:\/\/ussacyclo.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-4.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"394\" height=\"389\" src=\"https:\/\/ussacyclo.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-4.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3617\" srcset=\"https:\/\/ussacyclo.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-4.png 394w, https:\/\/ussacyclo.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-4-300x296.png 300w, https:\/\/ussacyclo.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-4-365x360.png 365w\" sizes=\"auto, (max-width: 394px) 100vw, 394px\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><br>Le col de Colmiane est traitre, il ne commence r\u00e9ellement qu\u2019au kilom\u00e8tre 92, mais il faut remonter la V\u00e9subie sur des pentes de 4 \u00e0 5% pendant 10 kilom\u00e8tres. Personne ne parle, il n\u2019y a plus de peloton pour s\u2019abriter, chacun monte en soufflant et en subissant le summum de la chaleur. Il est autour de midi, il doit faire 30\u00b0C, j\u2019ai vraiment chaud pour la 1\u00e8re fois de la journ\u00e9e. La moyenne est faible mais j\u2019atteins enfin Saint-Martin de V\u00e9subie. Le village est \u00e0 flanc de rivi\u00e8re, il a subi aussi les inondations. A la sortie, alors que la route ne semble aller nulle part, nous tournons \u00e0 gauche pour traverser le torrent sur un pont \u00e9troit rescap\u00e9 de la coul\u00e9e. Sur la rive oppos\u00e9e, la pente du col est tout de suite visible, les cyclistes qui me pr\u00e9c\u00e8dent (pas pour longtemps\u2026 enfin si peut-\u00eatre) semblent coll\u00e9s \u00e0 l\u2019asphalte. La file de v\u00e9los ne semble pas progresser, dans quelle gal\u00e8re va- t-on embarquer ?<br>Effectivement, \u00e0 la sortie du pont, nous virons \u00e0 droite, le panneau annon\u00e7ant le d\u00e9but de l\u2019ascension nous nargue et la pente se cabre \u00e0 10% sur un bitume refait \u00e0 neuf. Ce n\u2019est qu\u2019un petit hors d\u2019\u0153uvre d\u2019une centaine de m\u00e8tres mais je comprends mieux pourquoi mes pr\u00e9d\u00e9cesseurs peinaient. Ce petit passage pentu est suivi d\u2019un replat puis la pente atteint \u00e0 nouveau des pourcentages entre 7 et 8% avec un kilom\u00e8tre plus compliqu\u00e9 dans la for\u00eat. La route est \u00e9troite, elle tourne, je ne me sens pas trop mal mais mon corps me dit de ne pas m\u2019emballer. J\u2019ai toujours le cliquetis de ma roue qui m\u2019accompagne, je n\u2019ai pas eu la pr\u00e9sence d\u2019esprit de regarder au ravitaillement, sinon j\u2019aurais facilement r\u00e9gler le probl\u00e8me. Beaucoup de concurrents font des pauses \u00e0 l\u2019ombre d\u2019un arbre ou d\u2019un caillou, certains s\u2019allongent pour r\u00e9cup\u00e9rer, le point de rupture est atteint pour ceux qui manquent d\u2019endurance. Je n\u2019en fais pas partie, je chevauche mon fid\u00e8le destrier couinant \u00e0 la conqu\u00eate des plus hauts sommets en laissant derri\u00e8re moi un ruisseau de sueur qui fera glisser mes adversaires. Au d\u00e9tour d\u2019un virage, le 253e peut-\u00eatre, un am\u00e9ricain lance \u00e0 un compatriote : \u00ab Eh, you are the first american I\u2019ve met ! \u00bb Fortement int\u00e9ress\u00e9 par cette discussion impromptue, je regarde leurs dossards effectivement orn\u00e9s d\u2019un drapeau \u00e9toil\u00e9, et je me dis que j\u2019ai d\u00fb d\u00e9passer plus de fran\u00e7ais. Heureusement que je ne leur ai pas tous parl\u00e9\u2026 Finalement, l\u2019ascension passe rapidement, la pr\u00e9paration dans la vall\u00e9e \u00e9tait presque plus \u00e9puisante. J\u2019atteins le sommet et appuie mon v\u00e9lo \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019un de ses cong\u00e9n\u00e8res, contre une barri\u00e8re m\u00e9tallique grise. Malheureusement, la barri\u00e8re perd l\u2019\u00e9quilibre et entraine les v\u00e9los dans sa chute.<br>Tandis que je les remets en place, un individu d\u00e9guis\u00e9 (comme moi) apparait et m\u2019interpelle : \u00ab What<br>happened ? \u00bb N\u2019ayant pas le courage, l\u2019envie, la lucidit\u00e9 de m\u2019engager dans une explication dans une langue inconnue, je r\u00e9torque bravement en haussant les \u00e9paules. L\u2019individu, impressionn\u00e9, repart en maugr\u00e9ant tandis que je rejoins les \u00e9tals de ravitaillement. Mes bidons se remplissent, j\u2019essaie d\u2019absorber quelques nutriments \u00e9nerg\u00e9tiques puis je retourne \u00e0 ma monture. En avant pour la derni\u00e8re descente de l\u2019\u00e9tape ! <strong>Temps d\u2019ascension : 43\u201913\u2019\u2019 \u2013 10,3 km\/h (4471e \/ 10634)<\/strong><br>Contrairement \u00e0 la pr\u00e9c\u00e9dente, la descente est ais\u00e9e, la route bien entretenue avec des passages beaucoup plus roulants qui demandent beaucoup moins de concentration. Tant mieux, cela permet de r\u00e9cup\u00e9rer, mon v\u00e9lo se laisse glisser, je n\u2019ai qu\u2019\u00e0 tourner le guidon ou freiner quelquefois (\u00e0 vol d\u2019oiseau, cela semble plus dangereux tout de m\u00eame). 20 km de descente puis une petite vall\u00e9e et c\u2019est l\u2019entr\u00e9e dans Saint-Sauveur-sur-Tin\u00e9e, derni\u00e8re escale avant l\u2019arriv\u00e9e. Le ravitaillement est situ\u00e9 dans une charmante place ombrag\u00e9e, la foule est moins dense ; j\u2019accroche mon v\u00e9lo \u00e0 une rambarde pr\u00e9vue \u00e0 cet effet et vient me sustenter pour la derni\u00e8re fois. Une b\u00e9n\u00e9vole remplit mes bidons \u00e0 ras bord et me propose 1 ou 2 gels. Je lui indique que je vais s\u00fbrement avoir besoin de 2 gels, je retourne en courant (\u00e0 3 km\/h) d\u00e9crocher mon v\u00e9lo. Petit regard sur ce charmant village et j\u2019entame ma derni\u00e8re ascension.<br>Km 116 \u2013 Col de la Couillole (1678m \u2013 15,7km \u00e0 7,1% de moyenne)<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><a href=\"https:\/\/ussacyclo.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-5.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"422\" height=\"389\" src=\"https:\/\/ussacyclo.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-5.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3618\" srcset=\"https:\/\/ussacyclo.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-5.png 422w, https:\/\/ussacyclo.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-5-300x277.png 300w, https:\/\/ussacyclo.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-5-391x360.png 391w\" sizes=\"auto, (max-width: 422px) 100vw, 422px\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><br>Si vous cherchez la d\u00e9finition de la r\u00e9gularit\u00e9, allez gravir le col de la Couillole ! Tous les km entre 6,5 et 8% sans r\u00e9pit, sans replat, sans c\u00f4te abrupte, un effort constant sur 15 km ! Et c\u2019est long finalement 15 km\u2026 J\u2019entame le col motiv\u00e9, \u00e0 mon allure de croisi\u00e8re, observant le paysage et mes derniers partenaires. La route est granuleuse, virevolte sans cesse, passe sous des tunnels. Une affiche publicitaire de lunettes vante ses montures qui permettraient de voir comme en plein jour dans l\u2019obscurit\u00e9 de la roche. Leur lecture permet de passer le temps. Car au bout de 5 km de mont\u00e9e, le compte \u00e0 rebours a commenc\u00e9 : 10 km de l\u2019arriv\u00e9e, je commence \u00e0 regarder d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment mon compteur qui, comme lors des \u00e9tapes pr\u00e9c\u00e9dentes, a d\u00e9cid\u00e9 de ne plus d\u00e9passer les 10 km\/h. Ou alors tr\u00e8s rarement suite \u00e0 un regain de motivation venu de nulle part. Je me remets \u00e0 observer les dossards pour trouver une occupation : des pr\u00e9noms divers, des surnoms (le grupetto, le boss\u2026 \u00e9tonnamment dans le m\u00eame groupe de cyclistes), des nationalit\u00e9s diff\u00e9rentes. Je passe d\u2019autres tunnels, ce col n\u2019a pas de point de vue admirable, nous n\u2019avons vu que sur les montagnes. A l\u2019approche du village de Roubion, j\u2019esp\u00e8re y trouver un replat\u2026 Mais non, la route continue inlassablement sa progression r\u00e9guli\u00e8re. Seuls quelques encouragements furtifs permettent de relancer. Panneau 5 km, j\u2019ai trouv\u00e9 mon \u00e9quilibre, je double autant que je me fais doubler. 4km, cette fois je transpire pour de bon, mes partenaires peinent \u00e9galement mais tout le monde sent que la fin est proche (dans le bon sens du terme). Panneau des 3 km, je me remets de temps en temps en danseuse mais mes cuisses tirent, il y a un muscle au-dessus du genou qui r\u00e2le\u2026<br>Et mon v\u00e9lo couine toujours, il aimerait qu\u2019on en finisse ! Panneau des 2 km, la pente est plus raide, on est<br>pass\u00e9 au-dessus des 8 %, le cadeau d\u2019arriv\u00e9e certainement. Je m\u2019en serai bien pass\u00e9 mais mon courage et mon abn\u00e9gation d\u00e9passent ma fatigue. Flamme rouge (\u00e7a veut dire dernier kilom\u00e8tre pour les ignares qui<br>d\u00e9couvrent le sport, le vrai !) : enfin, j\u2019entends le speaker au loin dans la montagne, on retrouve des gens<br>normaux qui sont descendus encourager leur poulain ou leur pouliche au bord du ravin. 500m, 400m, 300m, 200m, mais ils les ont rallong\u00e9s c\u2019est pas possible ! Et apr\u00e8s un ultime virage sur la gauche, la vision tant esp\u00e9r\u00e9e : l\u2019arche d\u2019arriv\u00e9e jaune et noire. 100m, 50 m, je passe la ligne d\u2019arriv\u00e9e dans un sprint inexistant, me battant pour la 4947e place, \u00e0 2 pas du podium\u2026 Le tapis jaune accompagne mes derniers coups de p\u00e9dale, je pose un pied \u00e0 terre, respire un grand bol d\u2019air et me dirige vers une b\u00e9n\u00e9vole qui me tend la m\u00e9daille finisher.<br>En me la passant au cou, elle me susurre un \u00ab Bravo Olivier ! \u00bb qui me provoque une petite \u00e9motion larmoyante (ou peut-\u00eatre est-ce un moucheron qui vient de p\u00e9n\u00e9trer dans mon \u0153il ?). Je pense \u00e0 C\u00e9line, \u00e0 mes parents, \u00e0 ma famille et quelques amis qui ont peut-\u00eatre suivi ma progression, content d\u2019avoir r\u00e9ussi cette nouvelle performance. Je r\u00e9cup\u00e8re une musette avec une bouteille d\u2019eau, une compote (chouette !), du saucisson (re- chouette !) et descends quelques m\u00e8tres pour \u00e9chapper \u00e0 la foule qui m\u2019acclame (ou d\u2019autres peut-\u00eatre). <strong>Temps d\u2019ascension : 1h39\u201932\u2019\u2019 \u2013 9,35 km\/h (4484e\/10369)<\/strong><br>Le temps s\u2019est couvert, je remets mes manchettes, mon col, ma veste et tente d\u2019avertir mes parents de mon arriv\u00e9e. Mais, pas de r\u00e9seau ! Forc\u00e9ment, rien \u00e0 l\u2019horizon \u00e0 part une nu\u00e9e de gens bariol\u00e9s. Il faut donc reposer mon fessier sur cette maudite selle et attaquer la descente vers le village arriv\u00e9e situ\u00e9 \u00e0 Beuil (environ 6 km de descente). Je laisse mon v\u00e9lo se d\u00e9brouiller, mes roues rouler, mon guidon guider, mes freins freiner, je n\u2019ai plus de force pour diriger ni trouver du vocabulaire. Mauvaise surprise, il y a un faux plat montant pour rejoindre le centre du village, j\u2019y parviens ais\u00e9ment au milieu des centaines de voitures d\u2019accompagnants ou participants gar\u00e9es n\u2019importe comment. Un gendarme tente de faire la circulation au seul rond-point du coin. Il hurle aux cyclistes de faire un d\u00e9tour vers une voie \u00e0 travers champ pour rejoindre le ravitaillement, tandis que les voitures s\u2019entassent vers l\u2019unique descente autoris\u00e9e. Des centaines voire des milliers de voitures, de pi\u00e9tons, de cyclistes se rencontrent au rond-point de Beuil, village paisible de 553 habitants. Je m\u2019arr\u00eate \u00e0 la sortie du rond-point et ressort mon t\u00e9l\u00e9phone enfoui sous ma veste, emp\u00eatr\u00e9e dans ma musette. Je m\u2019aper\u00e7ois qu\u2019il y a plusieurs messages de mes parents qui se sont inqui\u00e9t\u00e9s de ma progression stopp\u00e9e dans la fin du col (le GPS<br>n\u2019avait plus de r\u00e9seau\u2026). Je les rassure et leur annonce mon arriv\u00e9e prochaine. Ils m\u2019attendent tout en bas du col (l\u2019acc\u00e8s au sommet \u00e9tant quasi impossible), il me reste environ 20 km de descente pour les rejoindre en traversant les gorges du Cians. Je laisse la Pasta Party, il y a une queue gigantesque pour acc\u00e9der au ravitaillement, et continue ma route vers la sortie du village. Au dernier croisement, un 2\u00e8me gendarme tente de g\u00e9rer le flux ininterrompu de voitures qui veulent descendre sur une voie encombr\u00e9e par toutes les autres en stationnement al\u00e9atoire. Il refuse de laisser passer les cyclistes qui, comme moi, n\u2019ont qu\u2019une envie : rejoindre leur voiture ou leurs accompagnateurs. La col\u00e8re gronde, une \u00e9meute se profile puis, effront\u00e9ment la meute de cyclistes (et moi) profitons d\u2019une voiture bloqu\u00e9e pour d\u00e9marrer notre descente. Pendant 2 ou 3 kilom\u00e8tres, c\u2019est une file interminable de voitures gar\u00e9es le long de la falaise ou du ravin, sur des parkings improvis\u00e9s. Mes parents ont bien fait de ne pas monter jusqu\u2019ici ! Puis je traverse \u00e0 toute trombe les magnifiques gorges rougeoyantes du Cians. C\u2019est splendide, je suis entour\u00e9 de montagnes d\u2019ocre dans un d\u00e9cor du Colorado.<br>Malheureusement, de grosses gouttes de pluie font leur apparition, la prudence est de mise et je ne traine pas pour continuer ma route. La pente s\u2019adoucit et je parviens enfin \u00e0 un rond-point annonciateur de la fin des gorges. Mes parents m\u2019attendent sagement et impatiemment, quel bonheur de retrouver sa famille (MERCI !), il est temps de se changer. Un bouchon monstre s\u2019est form\u00e9. Rapidement, nous entamons un nouveau p\u00e9riple vers Antibes pour r\u00e9cup\u00e9rer C\u00e9line et Tima\u00e9 \u00e0 la gare TGV.<br>Peu de temps pour dig\u00e9rer mais globalement, ce fut une \u00e9tape bien g\u00e9r\u00e9e, je ne suis pas \u00e9puis\u00e9, un peu plus de rapidit\u00e9 m\u2019aurait peut-\u00eatre fait exploser sur la fin. Grand regret de n\u2019avoir vu personne sur le parcours ou \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e, mais les circonstances ne le permettaient pas. Et nous sommes arriv\u00e9s \u00e0 la minute pr\u00e8s \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e du TGV \u00e0 Antibes apr\u00e8s 2 heures de route dans les montagnes.<br>Les vacances peuvent commencer, vivement l\u2019annonce de la prochaine Etape du Tour !!!<br><strong>Temps r\u00e9el : 138 km (4600m de d\u00e9nivel\u00e9 positif) en 8h24\u201928\u2019\u2019 \u2013 4947e \/ 10595 (548e \/ 1190 dans la cat\u00e9gorie M5)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><a href=\"https:\/\/ussacyclo.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-1.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"717\" height=\"500\" src=\"https:\/\/ussacyclo.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3612\" srcset=\"https:\/\/ussacyclo.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-1.png 717w, https:\/\/ussacyclo.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-1-300x209.png 300w, https:\/\/ussacyclo.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-1-516x360.png 516w\" sizes=\"auto, (max-width: 717px) 100vw, 717px\" \/><\/a><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s une ann\u00e9e off, pour cause de maladie pr\u00e9c\u00e9dant le d\u00e9part de la course 2023, me revoici d\u2019attaque pour ma 5\u00e8me participation \u00e0 l\u2019\u00e9tape du Tour : Nice \u2013 Col de la Couillole ! 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